Et zou ! un jet de lait caillé qui ressort et arrose les parents au passage. Pourquoi « ça » ressort ? C’est la question que se posent tous les parents. Au début on se dit que c’est juste un trop-plein. Pas faux. Mais quand les rejets perdurent, beaucoup de parents finissent par craindre qu’une « maladie » soit en cause. Pourtant, les raisons des renvois sont la plupart du temps la démonstration d’une petite règle de trois : le volume œsophagien est de 4 à 6 ml chez le nourrisson, or la quantité ingérée quotidiennement par le bébé est de 120 ml/kg/jour environ, soit l’équivalent de 8,4 kg/jour pour un adulte de 70 kg ! Cette disproportion entre le réservoir et les aliments ingérés est l’une des principales causes de reflux rétrograde de l’estomac rempli vers l’œsophage puis la bouche.  

En plus, chez le tout-petit, le système de blocage œsophagien, le sphincter inférieur de l’œsophage (SIO), est encore immature : si la contraction œsophagienne n’est pas synchronisée avec la déglutition, le SIO s’ouvre à contretemps… et alors, reflux ! Une bonne nouvelle : au fil des semaines, l’immaturité du SIO se règle dans la majeure partie des cas de reflux. De même, si bébé avale trop d’air, le petit trouble digestif qui s’ensuit peut aussi provoquer des éclaboussures, ou un hoquet avec des petites remontées, sans forcément d’éjection de lait.

Que faire en cas de renvois persistants ?

Tant que bébé grandit et grossit correctement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure devant les petits geysers intempestifs. Mieux vaut investir dans un bon stock de bavoirs. Et opter pour un lait un peu épaissi, type Confort, pour freiner la remontée ou, selon l’importance des manifestations, lait “antireflux”. Il est possible aussi de garder le même lait infantile et d’y ajouter un épaississant.

Si l’épaississement du lait reste le recours de première intention et donne de bons résultats depuis belle lurette sur les effets de « trop-plein », d’autres recommandations ne sont pas inutiles, comme la posture après le repas : tenir bébé droit le temps qu’il fasse son rot, faire des pauses pendant le repas avec des petits rots intermédiaires pour éviter qu’il n’avale trop d’air, le coucher sur le dos mais la tête légèrement relevée, via des plots sous les pieds du lit par exemple ou un plan incliné vendu en magasins de puériculture, pour limiter mécaniquement la remontée de liquide.

Le temps est souvent la solution

Autrefois, les médecins prescrivaient souvent des médicaments à donner avant les repas qui étaient censés accélérer la vidange de l’estomac ; ce n’est plus à l’ordre du jour : ces médicaments sont en effet considérés comme peu ou pas du tout efficaces, voire déconseillés pour certains d’entre eux. Reste la solution des pansements gastriques, parfois prescrits par le médecin. Et la solution de la patience. Les renvois de lait simples finissent en général par se régler au moment du passage à l’alimentation solide ou lors de l’acquisition de la station debout et de la marche.

Alixane Nicolas / www.formeetbientetre.re/Le quotidien santé de La Réunion